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Le blog du Père Saint-Auneau

Le blog du Père Saint-Auneau

Animations médiévales sur les thèmes de la calligraphie, la scholastique, l'école au moyen-âge, bénédictions, reconstitution de sacrements (baptême, mariage, etc.... Bons plans, gastronomie et recettes de cuisine

Publié le par Père Saint-Auneau
Publié dans : #moyen age

Concernant l'Epiphanie (ou Théophanie) selon les traditions, nous aurons à coeur de différencier la foi et les pratiques, principalement au moyen-âge.

Si la fête de la Nativité s'est installée durablement à partir du V° siècle après Jésus Christ comme une fête majeure de la chrétienté, l'Epiphanie reste très importante. Il s'agit symboliquement de la reconnaissance par le monde du Messie ainsi que la reconnaissance du Fils par le Père. Donc si la Nativité est bien la célébration de la venue au monde du Messie, l'Epiphanie est celle de la Présentation, de la reconnaissance de l'Incarnation de Dieu, de l'apparition évidente du Verbe Incarné (c'est d'ailleurs le sens éthymologique).

En ce qui concerne les pratiques, elles sont une résurgence, voire une instrumentalisation de pratiques païennes qui se pratiquaient dans l'Empire Romains à partir du IV° siècle avant Jésus Christ. Ces fêtes étaient les Saturnales, fêtes en l'honneur du dieu saturne qui est la divinité du temps, de la folie également puisque Saturne dévore ses propres enfants. Les Saturnales sont alors une fête pendant laquelle on célèbre la folie, le rejet de l'ordre social....... On y mange une galette pour tirer au sort, par l'entremise d'une fève cachée, le roi du jour qui pourra commander ce qu'il veut au sein du groupe où il est choisi.

Dans la société chrétienne médiévale, nous retrouvons ces pratiques saturnales avec l'apparition de la fête des fous ou de la fête de l'âne qui se déroulent traditionnellement entre la Nativité et l'Epiphanie, durant lesquelles est célébré le désordre.

Il est possible d'interpréter cette relation entre la folie, la Nativité et l'Epiphanie (interprétation toute personnelle) qui serait en relation avec la mortalité humaine. Avant le Christ la vie n'était qu'absurdité par sa finitude. Avec la Nativité, Dieu s'incarne, dans l'Epiphanie, c'est le rachat des péchés qui s'entame avec la Présentation du Fils de Dieu au Père et au monde. La Résurrection de la chair est déjà à l'oeuvre. S'exprime donc cette absurdité et sa fin entre les deux célébrations.

Enfin, la fameuse galette ne serait qu'une résurgence de pratiques qui pourrait voir son origine dans les cultes saturnaux .

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